Le corps entre en danse

Du corps pensant au corps existant (Sophie Ceylon)

La danseuse naît de sa danse. Sa danse constitue une approche de son propre corps mais aussi de son identité. La danse et le féminin s’allient pour les comprendre dans l’être au monde de chacune, dans son existence vivante en perpétuel renouvellement.
Penser avec son corps conduit à le concevoir comme quelque chose qui attend de se développer, qui émerge, prend forme et prend vie.
Il est bon de concevoir la douceur d’aller à la rencontre de son corps, en tant que monde, dans le souffle d’un battement de coeur, qui ouvre et referme l’espace.
Adopter la notion de corps existant, c’est prendre conscience de l’existence physique de soi et de l’autre. C’est un lien, une relation avec soi et avec l’autre.
La danse nous invite à goûter au risque d’exister.

Sous le signe du corps (Sophie Ceylon)
Prendre plaisir à voir tourner le monde autour de soi, à l’observer bouger en virevoltant soi-même, c’est se placer dans un tourbillon de couleurs.
Le corps qui s’inscrit dans une dynamique de mouvement devient dynamique et mouvement. Il s’articule et se délie, se lie et se désarticule. Il rayonne dans une circulation dansée.
Toute danse est un voyage corporel parmi les ondulations de la lumière qui, en reflet, éclaire les gestes du corps.
La danse nous aide à trouver notre place. En nous déplaçant, nous nous impliquons avec notre corps.

 

Le corps dansant (Sophie Ceylon)
Le corps recèle les replis de l’âme, nos mémoires enfouies que l’on aimerait déplier, défroisser ou mettre en lumière.
Mettre en jeu son corps, c’est lui donner la possibilité d’exprimer les émotions de la vie, pour remuer et émouvoir.
Si l’on peut s’en saisir, danser permet l’ouverture du corps pour dire quand les mots n’existent pas ou sont insuffisants.
Mettre son corps en mouvement éclaire le plaisir d’être, l’envie d’être, le désir à être. Consentons à la danse le pouvoir de l’éblouir, l’éclairer, le rendre volubile, et autorisons-nous au plaisir d’être apprivoisées et de nous apprivoiser nous-mêmes.

 

Le rire du corps (Sophie Ceylon)
Dans la danse le corps éclate de promesses, il se morcelle, s’écartèle, se rassemble.
Le corps se soulève, a des soubresauts. Il se raconte à travers ses cris muets, ses exclamations, ses surprises, ses effondrements et ses éclats de rire.
Il se déploie et nous, lorsque c’est possible, nous le déchiffrons, le ressentons, le célébrons.
En dansant, nous apprenons à connaître le côté éclairé de notre individu, à nous reconnaître dans la joie que notre corps exprime et qu’il laisse éclater. Nous nous autorisons à déployer notre énergie riante et gloussante. Nous acclamons le réveil des autres corps en mouvement. Tous jouent et prennent vie dans leurs rires et sourires.
Laissons le corps applaudir à la vie.